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Chiclana de la Frontera, les 365 raisons d’y venir

Plus que la question « Que voir à Chiclana de la Frontera ? », se pose celle des activités possibles dans cette petite station balnéaire de la Costa de la Luz gaditana programmée par de nombreux voyagistes. En effet, la ville a su conserver sa dimension humaine. Son passé viticole n’a pas contribué au développement d’un patrimoine architectural grandiose… Pourtant Chiclana de la Frontera ne manque pas de charme et constitue assurément une base idéale pour découvrir les (proches) environs.

 

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Chiclana de la Frontera - Petite ville sans prétention, elle s’inscrit en bordure du Parque natural de la Bahía de Cádiz. Elle n’a pas marqué l’Histoire, pas plus le tourisme d’ailleurs, mais son nom est cependant assimilé à un vin qui se définit en différents goûts du Fino (sec) au Moscatel (doux).

 

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Le territoire de Chiclana fut occupé bien avant la fondation de Cádiz (1100 AC). Certains écrits font état, dix-huit siècles AC, du temple de Melkart (Hercule) élevé sur l’île de Sancti Petri. La légende voudrait même que le héros de la mythologie y soit inhumé.

A l’époque romaine, on y venait pour les qualités curatives de ses eaux salées.

La ville devient une entité à part entière en 1303, lorsque le roi Fernando IV fit don de ses vastes terres en bordure de mer à Guzmán el Bueno en remerciement des services rendus au cours de la Reconquête.

Dès le XVIème siècle, le commerce avec les Amériques va profiter à Cádiz mais aussi aux autres cités de la Bahía dont Chiclana qui atteindra son apogée au cours du XVIIIème siècle.

L’Histoire rattrape Chiclana sous l’ère napoléonienne et plus particulièrement le 5 mars 1811 lorsque les troupes françaises affrontèrent les alliés hispanos-britanniques près de la torre del Puerco, site proche de l’actuel hôtel Barceló.

 

Un vaste territoire

Trois zones distinctes composent le termino municipal de Chiclana de la Frontera (203 Kms2) qui héberge près quatre-vingt quatre mille habitants (et plus de deux cent vingt mille en août). Elle est une des seules villes de la province de Cádiz à voir sa population augmenter.

 

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Le centre-ville, coupé en deux par le rio Iró, propose les commerces mais aussi quelques édifices religieux intéressants pour l’art statuaire très présent en Espagne et particulièrement en Andalousie. La plupart de ces statues sont processionnées lors de la Semana santa. Trois musées (histoire locale, tauromachie, poupées de salon) et neuf bodegas complètent l’offre touristique… 

 

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Le Parque natural de la Bahía de Cádiz – admirable rencontre de la mer et de la terre - occupe un tiers de son territoire. La saline Santa María de Jesús propose tout un programme d’activités en relation avec le sel et la mer.

 

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Le centre-ville est entouré du campo ! Chiclana a, depuis plus de cinq siècles, une vocation viticole. Elle s’est transmise de père en fils. Cependant, les quotas imposés par l’Union européenne ont provoqué le démantèlement d’une partie de ce vignoble à la fin des années quatre-vingts. Les casas de campo ont été transformées en maisons résidentielles et les terrains en friche, bâtis en toute anarchie (sans permis de bâtir).

 

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11 - Novo Sancti Petri - 27 Oct 13.JPG

 

La bande côtière s’étire sur près de dix kilomètres entre Sancti Petri (port de pêche, de plaisance et sports nautiques), la Barrosa (plage aménagée, paseo maritimo et tourisme résidentiel) et Novo Sancti Petri (complexe hôtelier de luxe construit au moment de l’Expo92 de Sevilla et point de chute des estivants).

 

Une offre touristique,

Si vous n'avez pas surfé en premier lieu sur le site internet de l’office municipal de tourisme, rendez-vous-y (Calle La Plaza, 3) ! Il propose (gratuitement) une multitude de folios et brochures sur les opportunités qu’offre la cité. Le programme mensuel des activités en tout genre est aussi un élément important quant à l’organisation de votre séjour à Chiclana de la Frontera. 

 

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L’église Saint-Jean Baptiste, de style néo-classique, en impose sur la Plaza Mayor. Juste à côté, la tour de l’horloge (ou arc de l’horloge).

 

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L’église Jesús el Nazareno (Plaza Jesús el Nazareno), attachée au couvent des carmélites (Calle nueva), est le plus bel exemple baroque de Chiclana. Le portique d’entrée en marbre de Carrare est tout simplement magnifique.

La petite église del Santo Cristo de la Vera Cruz, sur la place du même nom, juste derrière l’église principale, héberge une très belle statue de la Vierge. Elle est le siège de la Cofradía de la Vera Cruz, la plus ancienne d’Andalousie (XIVème siècle).

 

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L’ermitage Santa Ana domine la ville de son dôme. D’où que vous veniez, où que vous soyez, vous ne pouvez le manquer. Depuis la terrasse, le regard se porte au loin, vers Cádiz et San Fernando, vers Jerez de la Frontera et Medina Sidonia.

 

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Au pied de la colline de Santa Ana, vous pouvez profiter du calme et de la fraîcheur du Parque Jimenez - du nom d'un jeune matador local prometteur décédé dans un accident de voiture - un havre de paix à quelques pas du centre-ville.

 

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La Casa Briones (face à la tour de l’horloge) – l’un des édifices caractéristiques du XVIIIème siècle - abrite le musée de la ville. Outre la possibilité d’expositions temporaires, un parcours vous emmène à la découverte des grandes étapes qui ont marqué la vie locale. Le second étage est consacré au Chiclana actuel avec le regard tourné vers le futur.

Le musée municipal Francisco Montes Paquiro (Calle San Agustín) retrace, à travers la vie du matador de toro - qui a donné son nom à la montera, la coiffe des toreros – les diverses manifestations de la tauromachie et son monde extraordinaire. La corrida sans le sang !

Le musée des poupées Marín (Poligono industrial Badenes, nave 1, près du supermarché Eroski) (www.marindolls.com) est situé au sein même de l’entreprise qui distribuait à travers le Monde les célèbres poupées de salon en robes gitanes. A côté des modèles kitsch, il existe une offre artistique inspirée des célébrités espagnoles qui ont marqué leur époque.

Le musée du vin et du sel (Plaza de las Bodegas, face au Mercado de Abasto) rappelle le riche passé chiclanero lié à la nature (outils, photos, vidéos,...).

 

… gastronomique,

Chiclana est sur l’itinéraire de la Ruta del atún mais aussi sur celui de la Ruta del vino.

Les neuf bodegas ouvrent leurs portes aux visiteurs. Pas tout le decorum que vous pourriez rencontrer à Jerez de la Frontera ou El Puerto de Santa María mais à quoi bon ? Il importe de découvrir le procédé de vinification et surtout de goûter de cet excellent elixir. Rafael Alberti, poète de la liberté, de la mer, du sel et de la tradition a dit du vin de Chiclana qu’il est le meilleur du monde. Ce serait un délit que de ne pas en boire.

- Bodega cooperativa (Calle de la Madera, 5) pour connaître ce qu’est l’ambiance andalouse “de verdad”… surtout en semaine lorsque s’y retrouvent les travailleurs des différentes entreprises toutes proches.

 

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- Bodegas Sanatorio (Calle Olivo, 1 & N-340, Km 12) - la plus ancienne (1795)  -pour découvrir le meilleur Moscatel de la région. Une question de goût, bien sûr, mais… (www.bodegamanuelaragon.com)

- Bodegas Miguel Guerra (Calle Mendaro, 16) pour se titiller les narines de cette odeur de vin ancrée dans les murs et le sol.

- Bodegas Velez (Calle San Antonío, 3) pour en profiter hors d’Espagne tenant compte de son impact international.

- Bodegas Primitivo Collantes (Calle Ancha, 51 & Calle Arroyuelo, 13)

- Bodegas Barberá (Calle Delicias,31)

- Bodegas Ruiz (Calle Guadiana, 4)

- Bodegas Brisau (Calle Sol,7)

- Bodegas San Sebastián (Calle Mendaro, 15)

 

… curative,

Il existe toujours un centre de balnéothérapie curatif très actif à Chiclana.

- www.balneariodechiclana.com

Novo sancti Petri s’est doté du plus grand hammam d’Andalousie… mais là, on profite des bienfaits des bains relaxants et autres massages.

- www.hammamsanctipetri.es

Plusieurs des hôtels du complexe disposent de leur propre centre Spa qui, parfois, fait partie de l’offre générale du voyagiste.

 

… et sportive

Chiclana a obtenu le titre convoité de « Cité européenne du Sport 2015 » sur base de ses infrastructures, de son offre et de ses projets en la matière. Pas moins de cinq complexes multisports – dont un, doté d’un vélodrome – permettent la pratique sportive en toutes saisons… pour des prix plus que démocratiques.

 

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Pour la balade, aucun problème ! Vous avez le choix entre plages, salines, bois et campagne. L’office du tourisme publie une revue reprenant les différentes promenades balisées (puntos magicos) mais il en existe d’autres selon le temps dont vous disposez et vos envies. Par exemple, proche du centre hôtelier de Novo Sancti Petri, el pinar de la Barrosa qui vous permettra quelques promenades apéritives.

 

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Sancti Petri est encore vétuste et semble délabré. Le projet d’un vaste complexe historico-sportif "el bosque pesquero" est en bonne voie. Il rendra vie à ce qui fut un village de pêcheurs très florissant et mettra en valeur une offre déjà existante (www.novojet.net) :

- Port de plaisance

- Ecole de plongée

- Ecole de voile

- Ecole de planche à voile

- Ecole de surf

- Ecole de kayak de mer (www.sanctipetrikayak.com)

Outre les cours, il vous est possible de louer le matériel et de participer à des sorties organisées.

 

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La plage de la Barrosa est le rendez-vous familial par excellence. « Une des plus belles d’Andalousie » dixit le Guide vert de Michelin. Un concours organisé au printemps 2014 par la chaîne de télévision nationale Antenna 3 confirme cet avis. La plage de la Barrosa a remporté la palme avec une très confortable avance devant la plage de la Cala de Maro (Nerja - Costa tropical). Les autochtones vous diront même plus belle plage d’Espagne. Ils n’ont peut-être pas tort... d'autant qu'Antenna 3, le premier septembre, consacrait la plage de Chiclana, meilleure plage d'Espagne haut la main devant la plage de Islas Ciés (Galicia). En saison, le service des sports organise des compétitions en différents sports d’équipes... sans oublier le cinéma de l'été, les marchés artisanaux,...

 

Pour les sports plus particuliers, il vous faudra rejoindre Novo Sancti Petri :

- Golf (www.golf-novosancti.es)

- Equitation

- Tennis

- Tir à l’arc

- VTT (www.bikesportcenter.com)

- Trikke - sorte de trottinette électrique à trois roues - (trikkeandalucia@gmail.com) 

 

Un point de chute de qualité

Quant vous avez écumé les nombreuses possibilités de Chiclana, vous pouvez penser à élargir votre champ d’action… sans devoir parcourir des centaines de kilomètres pour autant.

 

Ronda (150 Kms) la ville des romantiques ! La ville des bandoleros ! La ville des petites histoires de la grande Histoire ! Un itinéraire par les villages blancs, une plongée dans un des sites naturels les plus beaux d’Andalousie, la Sierra gaditana.

Sevilla, l’incontournable ! (130 Kms)

- Les vestiges antiques ne manquent pas tant le long des côtes qu’à l’intérieur du pays. Baelo Claudía (70 Kms) est très intéressante, au même titre que Santi Ponce (130 Kms) – près de Sevilla – fondée par Scipion pour ses légionnaires après les guerres puniques ou encore Acinipio ou Ronda la Vieja (140 Kms)

Jerez de la Frontera (50 Kms), capitale du vin (Fino ou Sherry pour les Britanniques), capitale du cheval andalou, capitale du Flamenco de verdad.

Vejer de la Frontera (30 Kms) un des plus beaux villages blancs d’Andalousie.

- Le Cap de Trafalgar (30 Kms) chargé d’Histoire et sa plage sauvage.

Cádiz (20 Kms) ou 3100 ans d’Histoire. Il s’agit d’une des plus anciennes – si pas la plus ancienne ville d’Europe continentale.

Medina Sidonia (20 Kms) – le plus ancien duché d’Espagne -, point de départ de la « Ruta del toro ». Les toros bravos paisent en bordure de route et, avec un peu d’audace ou de culot, un propriétaire vous laissera entrer dans sa ganaderia.

Las calas de Conil (10 Kms), un ensemble de petites criques de part et d’autres du petit port de Conil de la Frontera.

 - Le parc d'aventures de Conil (10 Kms), différentes pistes de cordes et d'obstacles dans les arbres pour tous les âges et toutes conditions physiques. Trois heures d'aventure inoubliable pour les jeunes et les toujours jeunes. ( www.entreramasaventura.com)

 

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- Le fort de Sancti Petri qu’il est possible de rejoindre en bateau ou en kayak avant de le visiter (www.albarco.com)

Las salinas Santa María de Jesús (2 Kms) qui organisent des activités en relation avec le sel, y compris des balades en embarcation dans las marismas. (www.salinasdechiclana.com)

- Les ferias qui, d’avril à septembre, rythment la vie des Andalous.

- Les processions mariales et autres événements ponctuant le calendrier religieux.

 

Fiestas

Cabalgata de los Reyes : 5 janvier

- Carnaval

 

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- Semana santa

- Corpus Christi : 60 jours après Pâques

 

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- Feria & Fiestas de san Antonío : autour du 13 juin

 

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- Hogueras de San Juan : nuit du 23 au 24 juin

- Romería de la Virgen del Carmen atunera : 16 juillet

- Festividad de santa Ana : 26 juillet

- Festividad de Nuestra Señora de los Remedios : 8 septembre

- Festividad de fin de año

 

Bons plans

 

Si vous n’êtes pas motorisés, sachez que les transports en commun sont efficients, ponctuels, confortables… et pas cher.

- Train : www.renfe.es

- Bus : www.tgcomes.es

 

La tradition des ventas (auberges) est encore bien vivante dans la région. Vous pouvez y profiter d’un repas complet (salade, deux plats, pain, dessert et boisson) pour un prix variant de huit à dix euros… mais pour cela, il vous faut quitter Novo Sancti Petri.

 

Si vous venez dans le centre-ville en voiture, un immense parking gratuit vous accueille à quelques minutes à pied du centre, sur la Longuera (Plaza de toros et centre médical).

 

Chaque dimanche matin, dans le centre-ville (Plaza de las Bodegas et rue adjacentes), se tient un marché de seconde main... de plus en plus important au fil du temps.

 

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Quel avenir ?

Après huit ans de vaches maigres, Chiclana de la Frontera a connu un essor important entre 2011 et mi-2015 grâce à une équipe dirigeante consciente du potentiel de la ville et surtout animée par un sens de l'organisation. Monsieur Ernesto Marín, el alcalde, gérait la ville en homme d'affaires qu'il est et en toute transparence. Dans ce classement particulier, l'université de Granada classait le précédent Gouvernement municipal en tête des équipes dirigeantes d'Andalousie.

Malheureusement, lors des dernières élections de mai 2015 - moins de 45% de votes valables -, les chiclaneros n'ont pas reconnu tous les bienfaits de ce Gouvernement municipal. Ils lui ont préféré monsieur José María Román, l'incompétent qui avait statué aux destinées - et quelles destinées ? - de Chiclana durant les huit années précédentes. Pourtant, sa période dans l'opposition n'avait certainement pas redoré son blason. Dans son vocabulaire, opposition et destruction sont synonymes. Le voilà de nouveau aux rennes de la ville pour quatre années et ses premiers jours de mandat (juin 2015) laissent déjà présager du pire. Oublié le projet de Bosque pesquero pour Sancti Petri (primé à plusieurs reprises de prix internationaux), reporté le Plan general de ordenación urbanistica qui devait rendre les quartiers extérieurs plus attractifs,... sans parler de l'augmentation conséquente des taxes locales, nécessaires à l'engagement des nombreux "camarades" et à l'amélioration de son bureau.

L'avenir de Chiclana n'est pas rose. Si l'on peut regretter que plusieurs projets évolutifs n'aboutiront pas, espérons que le tissu tressé ces dernières années ne sera pas trop mangé des mites du fait d'une nouvelle équipe dirigeante plus encline à profiter des avantages que confère le pouvoir plutôt qu'à une saine gestion en bon père de famille. 

 

Pour une vue de l'extérieur, cet article de José Diaz de Tuesta et de Rafa Benitez pour le quotidien El Païs

Et pour tout renseignement complémentaire, www.turismochiclana.com



13/07/2014
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