Mi Andalucí­a

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Vejer de la Frontera, la discrète

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Entre Cádiz et Tarifa, sur un piton rocheux dominant la mer au Sud et la plaine de Barbate au Nord, Vejer de la Frontera. A mon sens, l’un des plus beaux villages blancs d’Andalousie bien que le cadre montagneux et sauvage de la Sierra gaditana manque un peu.

Ces villes et villages qui consentent au charme de l’Andalousie ne se visitent pas. Ils se vivent. Au gré d’une rue pavée, au gré d’une place ombragée, au gré d’une rencontre intéressante, au gré d’une tapa arrosée d’un vin du terroir, au gré du temps qui passe, tout simplement. Ici, le tourisme se fait encore discret. Les locaux y tiennent tout particulièrement.

 

 

Vejer de la Frontera - Après avoir quitté la N-340, deux kilomètres de lacets vous emmènent au pied de la ville. Un parking se trouve sur la gauche et l’office du tourisme en marque l’entrée. Vous y trouverez le plan de la ville ainsi qu’une foule de renseignements tout azimut qui vous permettront de profiter au maximum de votre séjour sur place.

 

De suite, l’on constate le passé arabe de la ville. Une muraille crénelée qui regarde en direction de la plaine de Barbate en est la preuve. Mais l’Histoire de Vejer remonte bien avant, à l’âge du bronze déjà, où sa situation élevée en a fait une position stratégique. Ensuite, Phéniciens, Carthaginois, Romains (Besaro), Visigoths, Arabes (Bashir) et chrétiens (Bejer) développèrent le site. Vejer s’est vue qualifiée du patronyme « de la Frontera » lors de la Reconquête. Elle marquait la limite entre les territoires reconquis et ceux toujours aux mains des maures.

 

 

 

Un charme fou

 

Débutons la visite !

Il vous faut traverser le parc Los remedios et rejoindre la Plazuela qui vous permet de choisir, soit le casco histórico, soit les quartiers plus récents qui n’ont d’autres intérêts que quelques commerces et les moulins du parc Los cuatro vientos.

 

Engagez-vous sur la gauche, dans la calle Nuestra Señora de la Oliva.

Sur la gauche, la Casa de la Cultura, installée dans le Palacio del marqués de Tamarón (XVIIème siècle), mérite qu’on y entre pour en apprécier le patio.

 

 

L’Arco de la Segur, l’une des quatre portes de la muraille datant du XVème siècle, donne accès à la partie la plus remarquable de la cité. Sur la gauche, les vestiges de cette muraille et une vue plongeante sur la plaine de Barbate et les premiers contreforts de la Sierra gaditana.

Continuez plus avant.

 

 

L’Arco de la Villa permet de plonger sur la Plaza de España et sa fontaine centrale en azulejos secillanos (1957). Cet endroit, centre administratif de la cité avec l’Ayuntamiento et le tribunal, est le plus animé qu’il soit lorsque la population locale – et les touristes en été - profitent des derniers rayons du soleil.

 

 

Longez les anciens remparts pour découvrir la Casa del Mayorazgo (XVIIIème siècle). Il ne faut pas manquer d’y entrer – même s’il s’agit d’appartements privés – pour découvrir tout le soin apporté par les maîtres des lieux afin de fleurir ce havre de paix et de tranquillité. Quelques mots de félicitations ne sont pas interdits. Entre les cordes où pend le linge, un escalier vous emmène au sommet de la torre del Mayorazgo qui offre une vue imprenable sur la Plaza de España, sur les toits et terrasses de la ville ainsi que sur la plaine environnante... mais tel était son rôle à l'époque. Au sommet, remarquez le campanile de l'ancienne chapelle du lieu, aujourd'hui disparue. 

Cette maison permet de découvrir le mode de fonctionnement des maisons de l'époque. Le patio principal de deux niveaux, entouré d'arcs sur colonnes, regroupait les "appartements" du seigneur et de sa famille. Un couloir donne accès à un second patio où vivaient les serviteurs et où se regroupait tout ce qui servait au fonctionnement de la maison (citernes d'eau, lavoir, écuries,...)

Quelques pas encore et vous revenez dans le dédale de petites rues en franchissant la Puerta de Sancho IV. Incrustés dans les murs, des canons retrouvés au large du Cabo Trafalgar tout proche.

 

  

 

Perdez-vous-y tout en vous imprégnant de cette ambiance propre à l’Andalousie, composée d’images, de sons, d’odeurs, de goût que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

 

 

Vos pas vous emmènent vers l’iglesía del Divino Salvador. Comme souvent, cette église fut construite sur les vestiges de la mosquée dont on conservait le minaret pour en faire le clocher. Si l’intérieur ne propose rien de transcendant si ce n’est le mélange de styles (gothico-mudéjar et gothique tardif), l’extérieur propose un bel ensemble d’azulejos représentant Nuestra Señora de la Oliva, patronne de la ville et fêtée en grandes pompes la semaine du 15 août.

L’édifice donne sur la Judería (quartier juif). Au fronton latéral, on peut encore discerner une étoile de David dont les teintes s’estompent avec le temps.

 

 

 

Au bout de la calle Ramón y Cajal, le Castillo (XIème siècle), reconverti aujourd’hui en locaux pour associations locales, une boutique (produits de la région) et quelques logements privés. De la cour centrale, vous pouvez admirer la porte d’entrée qui ne manque pas d’intérêt. Avec un peu de chance, l’accès à la muraille sera ouvert et ainsi, découvrir de magnifiques vues sur les toits.

 

 

En chemin, sur la droite, vous aurez sans doute pu profiter d’une des activités culturelles organisées dans le Convento de las Concepcionistas, désacralisé pour la circonstance et transformé aujourd'hui en musée de la ville.

 

 

Vous n’aurez pas manqué de prendre en photo l’Arco de las Monjas, rue étroite que surplombe une série de contreforts de la salle d’exposition que vous venez de quitter. Cet ajout est une conséquence du tremblement de terre qui endommagea sérieusement Vejer en 1773.

Toute proche, la dernière porte des remparts, la Puerta cerrada dont le nom remonte à l’époque où, le soir, l’on fermait cet accès de l’extérieur, laissant les juifs entre eux.

Passé la porte, vous empruntez la calle Juan Bueno pour retrouver la Plazuela, le point de départ de cette visite hors du temps.

 

 


                              "Cobijada que descubriste tu cautivo rostro en aras de la libertad."                                  "Cobijada qui découvre ton visage captif en l'honneur de la liberté."

 

Au passage, une étrange statue de femme voilée aura attiré votre attention. Il s’agit d’une Cobijada. Cette tenue, portée aux grandes occasions jusqu’à la Guerre civile, est un héritage castillan, lui-même issu du passé arabe de l'Espagne. Elle fut interdite au moment du conflit interne afin que des belligérants ne puissent en profiter pour se dissimuler ou cacher quoi que ce soit.

 

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 A Vejer de la Frontera, la Reina y sus Damas portent cette tenue traditionnelle et non pas la tenue flamenca.

 

 

Si vous en avez le temps, par la calle Juan Relinque, poussez vers le parque del viento où se dressent trois moulins - las tres avemarías - rénovés depuis peu. L’un est le cadre d’un petit musée portant les travaux de la meunerie. La porte est ouverte. Il vous suffit d'entrer. C'est gratuit. Les responsables du projet ne sont jamais loin pour vous expliquer l'Histoire de ces moulins qu'ils ont toujours connus. Ils fonctionnent à nouveau. Il suffirait d'apporter le grain. Mais cela fait soixante ans que l'on n'y apporte plus rien.

Plus kitsch, une promenade à dos d’âne dans les environs.

 

 

Au passage, vous profiterez d’une belle vue sur le casco histórico dominé par l’église del Divino Salvador

 

Plongée dans le temps

 

Vejer de la Frontera permet de rencontrer une population qui sort de l'ordinaire. Au cours de votre découverte du casco historico, au soleil couchant, vous ne manquerez de faire leur connaissance.

Proche de la Plaza de España, vous pouvez vous faire raser par un barbier d'une autre époque. Son "salon" est plus vieux encore que lui-même.

 

 

Une chaise à repailler, la anse d'un panier à retresser, une commande particulière à déposer ? Le vannier - on plutôt la vannière - s'en charge sans manquer de vous montrer les pièces déjà confectionnées.

 

 

Savez-vous qu'à Vejer, vous trouverez la collection privée de radios la plus importante d'Espagne. Privée et cachée... mais si vous vous montrez intéressé, le propriétaire se fera un plaisir de vous la présenter et commenter. Quincaillier de son métier, l'arrière-boutique lui sert d'atelier et de salle d'exposition.

Une boutique du papetier est particulière. Tout d'abord, le cadre est magnifique. Ensuite, vous n'y trouverez ni porte-plumes, ni livres mais des papiers pliés. L'origami à la portée de tous. Boucles d'oreilles et broches, objets de décoration, diary books,... tout ce qui peut se composer en papier est présent. Et souvent, l'artiste est au travail, ce qui ajoute encore à la visite.

Autre artiste qui mérite votre attention, le peintre qui tient boutique à l'Arco de la Villa. Le support de ses oeuvres ? Un carrelage, une tuile, un galet,...

Autre personnage insolite, ce vieux monsieur dont la boutique - sur la Plaza de España, proche de l'Ayuntamiento - regorge de muñequitos (petit santon de terre cuite), azulejos et autres personnages bibliques très prisés en Espagne. Pas vraiment d'horaire mais si le Real Madrid ou la Roja monte sur la pelouse, il faudra revenir plus tard... ou le lendemain.

 

Votre tour terminé, vous n'aurez aucune excuse si vous ramenez un de ces souvenirs kitsch si fréquents qui, très vite, termine sa vie au fond d'un tiroir.

 

Barrio de Santa Lucía

 

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Au pied de la colline dominée par Vejer de la Frontera, se dresse un hameau qui attire beaucoup de promeneurs, Santa Lucía. Un chemin balisé permet d’en découvrir les particularités.


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L’Histoire de ce lieu remonte sans doute à l’époque romaine. L’aqueduc – toujours en activité – daterait de ces temps immémoriaux même s’il fut renforcé au cours des âges pour rejoindre le XXIème siècle.

 

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Au XVème siècle – les premiers remonteraient au XIIIème siècle -, sept moulins, alimentés par les eaux du ruisseau domptées par l’aqueduc, moulaient le grain et apportaient ainsi un revenu au propriétaire des lieux, le Duc de Medina Sidonia. Au début du XXème siècle, le Comte Villariezo en hérita. Il transforma les moulins en source d’énergie électrique, faisant de Vejer de la Frontera, l’un des premiers villages dont les maisons privées profitaient de cet apport technologique.

 

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Aujourd’hui, les moulins – il en reste cinq – ne sont plus que vestiges perdus dans une végétation luxuriante. L’eau du ruisseau emprunte toujours l’aqueduc avant de reprendre son cours. Il a créé, de-ci de-là, des cuvettes que les enfants apprécient en tant que piscines naturelles.

 

Bons plans

 

L'Office du tourisme propose des visites guidées pédestres pour petits groupes (minimum quatre personnes). Vous déambulerez dans le casco histórico à la découverte des lieux emblématiques mais aussi de patios privés. Tout cela pour la modique somme de 4,- euros par personne.

Ce même Office du tourisme met à disposition des personnes à mobilité réduite ou tout simplement réticentes à affronter les rues escarpées de la ville, de petits cyclomoteurs électriques à quatre roues... qui ne nécessitent aucun écolage. 5,- euros de l'heure (et une caution de 20,- euros ou un document d'identité) mais les employés ne sont pas regardants si vous dépassez le temps. (Renseignements au 636 852233 ou au 629 971858)

 

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A Vejer, il est possible de manger pour quelques euros. Cependant, si vous désirez bénéficier d'un cadre tout à fait exceptionnel pour un repas en amoureux ou entre amis, - sans faire des folies pour autant (40,- euros par personne) - je vous conseille el jardín del calife (Plaza de España). James Stuart a pu créer cet endroit idyllique (hôtel-restaurant) tout en respectant les lieux - certaines caves sont millénaires - et l'âme andalouse.

 

Festivités

 

 

 - Rastro (Brocante, vide-grenier et artisanat) :

   Chaque premier dimanche du mois dès 10 heures de septembre à juin

   Chaque premier samedi du mois dès 19 heures en juillet et août

   (www.rastro-vejer.com)

 - Carnaval

 

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Semana santa

 

 

 

 - Toro embolado : Le jour de Pâques, par deux fois (12.00 et 16.00), un taureau est lâché en rues. 

 - Féria d'avril

 - Fête patronnale (Romería de Nuestra Señora de la Oliva) : 7 mai

 

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 - Noche de velas en Vejer : 1er samedi de juin (date sujette à modification, En 2015, cette festivité eut lieu en juillet.) - 15000 bougies illuminent le casco histórico. Musique classique et histoires contées par des artistes en tenue d'époque ajoutent à l'ambiance feutrée de la ville.

 - Feux de la Saint Jean : WE proche du 21 juin

 

 

 - Festival de Nuestra Señora de la Oliva : les deux semaines qui entourent le 15 août

 

 

 - Crèche vivante : Mi-décembre

 

Et pour tout renseignement complémentaire : www.vejerdelafrontera.es

 



22/03/2012
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