Mi Andalucí­a

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Ronda, l'âme de l’Andalousie

Les autocars aériens déversent leur cargaison de touristes pressés de rejoindre les plages surpeuplées de la Costa del Sol. Au terme de leurs vacances, combien seront-ils ceux qui auront pris la peine de regarder plus loin que le sommet des tours-hôtels ? Combien seront-ils ceux qui auront découvert le charme discret de l’arrière-pays andalou?

 

 

 

Ronda – Perdue au milieu de la Serranía de Ronda, la ville bénéficie d’un site tout à fait exceptionnel. Dès l’Antiquité, Acinipio constitue un carrefour important et devient un centre commercial conséquent de Hispanía. Lorsque les maures envahirent l’Espagne (dès 711), Tarik ibn Ziyad suit la voie romaine qui part de Carteía (Campo de Gibraltar) vers Acinipio et fonde, à quelques kilomètres, une ville fortifiée qu’il nomme Izna Rand Onda. L’actuelle Ronda voit le jour.

Plus tard, au XIXème siècle, la situation géographique de la ville inspirera bon nombre de romantiques. Bandoleros au grand cœur (bandits de grand chemin) et toreros téméraires entrent dans la légende.

 

 

 

 

Un pont unique

 

Un géant a, d’un coup d’épée, coupé la ville en deux. Une gorge profonde (150 mètres) partage la Ciudad (la vieille ville) de el Mercadillo (quartiers plus récents). Un « fou » prit le pari de jeter un pont sur cette gorge. Ce fut chose faite dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. Le puente nuevo dépasse tout entendement avec ses deux longues jambes qui plongent dans le Rio Guadalevin et sa partie supérieure massive. Une pièce ou cellule se situe en son centre. Durant la Guerre d’Espagne, elle servit à la fois de prison et de lieu d’exécution. Les condamnés étaient précipités dans le ravin depuis la fenêtre. Ce tragique épisode du conflit inspira Ernest Hemingway lors de la rédaction de « Pour qui sonne le glas ? ». Les grilles de fer forgé qui ornent les bancs de pierre aménagés le long des trottoirs permettent de tester si l’on souffre ou non du vertige.

 

Le puente nuevo est le centre de la ville et le point de départ de notre visite.

Comme de nombreuses villes d’Andalousie, Ronda se visite à pied tout en profitant de petits coins où se reposer, de petites terrasses où prendre un rafraîchissement, de petites ruelles où prendre la température locale.

 

Ronda romantico.jpg

 

Ronda n’est pas, à proprement parlé, une ville musée. Cependant, une promenade dans la Ciudad permet de découvrir quelques édifices intéressants. Certains se visitent, d’autres appartiennent à de nobles familles qui y résident encore.

  

 

A droite, la Maison du Roi maure. A gauche, les jardins de Cuenca. Entre les deux, le Tajo

 

Première étape de notre promenade (de deux heures environ), la découverte du pont. Longez le chemin - Paseo Ernest Hemingway - qui débute sur la gauche du parador situé sur la plaza de España pour bénéficier d’une perspective remarquable sur le pont mais aussi sur les vestiges de la muraille arabe en contrebas. De l’autre côté, sur l’esplanade qui borde le couvent Santo Domingo, un autre point de vue sur le pont et les jardins de la Maison du Roi maure.

 

 A l’intérieur du couvent Santo Domingo réformé en centre de congrès, le patio a belle allure.

 

 

La Maison du Roi maure n’en a que le nom. Ce bâtiment (en très mauvais état mais en cure de rénovation) date du XVIIIème siècle mais fut construit à l’emplacement du palais du roi de Ronda, Almonated. Les jardins en terrasses de jean-Claude Nicolas Forestier (1912) ne sont intéressants qu’au moment de la floraison.

 

 

 

Par contre, la Mina prouve toute l’ingéniosité des arabes pour atteindre la rivière et déjouer ainsi d’éventuels sièges. Un escalier en zigzag a été creusé et aménagé dans la pierre, par les prisonniers et les esclaves, jusqu’au bord de la rivière, soixante mètres plus bas. Une tour permettait de protéger les réserves d’eau et une éventuelle fuite de la ville.

 

55 - Ronda (Palacio del marqués de Salvatierra) - 12 Jul 12.jpg

 

Face à la Maison du Roi maure, le palais du marquis de Salvatierra, caractéristique de l’architecture baroque aristocratique du XVIIIème siècle. Intéressant pour sa porte décorée de personnages d’inspiration précolombienne.

 

 

 

Nous continuons notre visite en passant sous l’arc de Felipe V.

Le vieux pont (dit romain alors qu’il date du XIème siècle) est un point stratégique pour qui visite Ronda. Les remparts ont bel aspect, ainsi que les bains arabes dont on devine les dômes. A l'intérieur, on peut encore voir toute l'organisation des canalisations pour un confort optimum. Les Jardins de Cuenca, aménagés de l’autre côté, offrent une belle perspective sur le puente nuevo.

 

 

Poussons jusque l’église Padre Jesus pour admirer la superbe fuente de los ocho caños qui lui fait face construite sous les ordres de Felipe V.

 

 

 

« Un hombre no es de dónde nace sino de dónde elige morir. » (Orson Welles)

"Un homme n'est pas d'où il est né mais d'où il a choisi de mourir."

 

Par la calle Nuestra Señora de los Remedios, la plaza del Socorro et la calle Pedro Romero, nous atteignons la plaza de toros (arènes), parmi les plus anciennes du pays (1785), les plus larges du monde (66 mètres) mais aussi les plus belles.

 

 

 

Face à l’entrée principale, deux statues – les matadores Antonio et Cayetano Ordoñez – rappellent la famille taurine qui a fait - et fait toujours - les beaux jours de la ville et du pays. Pour l’anecdote, savez-vous que les cendres d’Orson Welles ont trouvé place dans un faux puits dressé pour la circonstance dans le jardin de la propriété d'Antonio Ordoñez, à défaut d’être disséminée dans le sable des arènes « pour que mes cendres se mêlent au sang des toros et des toreros ». Cet honneur lui fut refusé par les autorités locales. Si l'acteur appréciait la tauromachie, il n'appartenait pas à la grande famille des matadors. Aujourd'hui, Francisco de Asis Rivera Ordoñez, torero lui aussi, occupe la propriété de son grand-père et veille sur ses cendres.

 

 La dame Goyesca, un hommage à la femme rondeña

 

En tournant le dos au puente nuevo, en direction de l’église de la Merced, un superbe jardin – Alameda del Tajo – est le lieu de rendez-vous des rondeños en quête de fraîcheur. Depuis le mirador, les vues sur la campagne environnante ne sont pas des plus belles mais plongeantes. La promenade qui relie les arènes à ce jardin porte le nom d'Orson Welles.

 

Vous avez ainsi fait le tour des sites principaux de Ronda.

Quelques autres sites et édifices valent le détour.

Arco del Cristo, pour son point de vue sur le puente nuevo

Minaret San Sebastian, vestige d’une mosquée de Ronda (XIVème siècle)

 

 

- Anciennes casernes (1734) transformées en Ayuntamiento

 

 

Porte d’Almocabar (et la porte de Charles Quint), principale entrée de la ville au XIIIème siècle

 

 

Eglise Santa Maria la Mayor, construite sur l’emplacement de la mosquée principale de Ronda dont elle a conservé une partie du minaret octogonal

Maison du géant, palais nasride présentant un magnifique plafond à caissons

  

S’il vous reste encore du temps, vous pouvez y ajouter la visite des nombreux musées que propose Ronda.

Musée taurin

Musée (Juan Antonio) Lara, la collection privée la plus importante d’Espagne et présentée – parfois - par le propriétaire lui-même

Musée de la chasse

Musée du bandit, phénomène social de Ronda et sa région

Musée Joaquin Peinado, peintre originaire de Ronda

Centre d’interprétation du puente nuevo

Centre d’interprétation du vin

- Expositions temporaires organisées dans le couvent Santo Domingo

 

 

Festivités

 

Carnaval

- Semaine sainte

- Procession de la Virgen de la Paz, patronne de Ronda : deuxième dimanche de Mai

- Procession de la Virgen María Auxiliadora : 24 mai

 

Reconstitutions historiques.jpg

- Feria de Mayo (vers le 20 mai) ou Ronda romantico: reconstitutions historiques

 

- Corpus Christi

- Romería de la Virgen de la Cabeza : Junio

- Festival de Cante grande : Août

- Festival folklorique International : Août

- Feria Pedro Romero (Festival taurin goyesca) : Première semaine de septembre

- Feria de San Francisco : Octobre

- Fêtes de fin d’année (exposition de crèches, concerts,…) : Décembre

 

 

Bons plans

 

En saison, trouver une place de stationnement à proximité de la Ciudad correspond à trouver une aiguille dans une botte de foin. Vous avez la possibilité de trouver du parking gratuit dans un quartier hors mur, non loin de la porte d’Almocabar par exemple ou à proximité de la gare. Il vous faudra marcher pour atteindre le centre historique. Par contre, du parking payant, aucun souci ! Il en existe assez pour accueillir le flux de visiteurs. (Comptez aux environs de dix euros pour la durée de la visite avec le repas).

 

Si vous ne disposez pas d’un plan de la ville, rendez-vous à l’office du tourisme. Il se situe sur l’esplanade de la plaza de toros. Les informations sont disponibles en plusieurs langues.

 

Trouver un restaurant à Ronda n’est pas bien compliqué. Si la Ciudad ne dispose que de quelques établissements, souvent bien côtés, le quartier d’el Mercadillo, entre le parador et les arènes n’en manque pas.

 

Pour vos souvenirs kitsch, vous n’aurez que l’embarras du choix sur la plaza de España et aux environs des arènes. Par contre, à l’entrée de la Ciudad, le puente nuevo traversé, quelques brocantes et antiquaires proposent de beaux objets pas toujours encombrants. Les offres gastronomiques (fromages, charcuteries, vins,…) sont nombreuses aussi mais renseignez-vous au préalable des directives aériennes en la matière. Il serait dommage de devoir les abandonner aux portes de l’avion.

 

 

La calle Espinel, qui prend naissance face aux arènes, est l’axe commercial de Ronda. Quelques belles enseignes et un des plus beaux grillages en fer forgé de Ronda !

 

Ronda et sa région offrent de nombreuses possibilités d'activités sportives. Sans être qualifiées d'extrêmes, certaines d'entre elles peuvent s'avérer "pour sportifs avertis". Une équipe - dont certains membres sont francophones - peut vous y initier ( www.team4you.es). 

 

 

Et pour tout renseignement complémentaire, www.turismoderonda.es



28/04/2012
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