Mi Andalucí­a

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El Rocío ou la dévotion des Andalous

El Rocío est certainement le centre de la province de Huelva pour nombre d’Andalous. Ce petit village, perdu au milieu de las Marismas (marais du delta du Guadalquivir), abrite l’ermitage de la Blanca Paloma, la Vierge des marais, la Vierge d’El Rocío. A la Pentecôte, plus d’un million de pèlerins  rejoignent le site pour ce qui est le plus important pèlerinage de la péninsule, si pas d’Europe.

Le village présente une architecture particulière liée à l’organisation de ce rassemblement religieux hors du commun.

 

 

 

El Rocío - L’histoire de l’endroit date de la Reconquête. Alors qu’en Andalousie, les maures reculent sur tous les fronts, les autorités – sans doute le roi Alfonso X le Sage - désirent relancer la pratique religieuse freinée, voire bannie par l’islam. Elles construisent de-ci de-là, de petits oratoires. Les vastes terres incultes à la limite d’Almonte – qui forment aujourd’hui le Parc national de Doñana – sont distribuées aux miséreux de façon à leur assurer un maigre revenu.

 

 

La découverte d’une statue miraculeuse perchée dans un chêne au lieu-dit « la Rocina » initiera une dévotion particulière qui atteint aujourd’hui un engouement jamais démenti. Plus prosaïquement, il s’agirait d’une œuvre d’art religieux cachée à la cupidité des maures. Une inscription latine indique qu’il s’agit de Nuestra Señora de los Remedios. Une chapelle est construite à l’endroit même de la découverte et le chêne reste le piédestal de la statue. De fils en aiguilles, l’édifice actuel voit le jour en 1964 (consécration en 1969).

 

El Rocío est aussi l’une des portes sur le Parc national de Doñana, parmi les plus grandes réserves naturelles d’Europe. Entrée interdite à moins d’en avoir reçu l’autorisation préalable ou d’être accompagné par un guide. La visite est intéressante surtout si les habitants des lieux acceptent de venir vous saluer. Mais rien n’est moins sûr.

 

La Blanca Paloma, protectrice des Almonteños

 

 

 

Au XVIIème siècle, une épidémie va engendrer les premiers rassemblements de masse. Les habitants des environs viennent implorer la Vierge de les protéger du terrible mal. Elle est désignée patronne d’Almonte. Une confrérie voit le jour – Hermandad matriz – chargée du culte de la Vierge.

 

Sous l’ère napoléonienne (19 août 1810), les habitants d’Almonte tuent un général français et subissent une occupation répressive. Trois ans plus tard, presque jour pour jour (16 août 1813), les troupes françaises se retirent. Convaincus d’avoir obtenu la protection de leur Vierge pour la cause, un second pèlerinage – plus intimiste, plus local - est organisé au mois d’août en son honneur.

 

Régulièrement, la Blanca Paloma retourne vers Almonte pour rester durant neuf mois, en l’église de Nuestra Señora de la Asunción. Une forme d’action de grâce en commémoration d’événements importants. Le premier transfert daterait de 1607. Pour la circonstance, la Vierge revêt la tenue des bergères du XVIIème siècle.

Une année jubilaire s'est ouverte en 2012 et s'est achevée en apothéose lors du bicentenaire de la libération de la ville.

 

La Romería del Rocío

 

Mais le village se réveille vraiment pour la Pentecôte.

 

 

La Hermandad de Chiclana quitte la ville pour rejoindre El Rocío. Le déplacement se fait en chantant.

 

Les confréries rejoignent El Rocío à pied, à cheval, à dos d’âne, dans des roulottes tirées par des bœufs ou des chevaux, en voiture… selon des itinéraires bien établis. Le voyage jusqu’à las Marismas est déjà en soi une aventure.

Sur place, les pèlerins – tous unis par la même dévotion pour la Blanca Paloma – participent à des offices religieux, des rosaires, des actions de grâce jusqu’à la sortie de la Vierge (le lundi de la Pentecôte vers trois heures du matin) pour une procession de près de douze heures.

Le lendemain, chacun s’en retourne comme il est venu et le village retombe dans une certaine forme de léthargie.

 

Un petit goût western

 

 

Vous ne trouverez pas de macadam à El Rocío, si ce n’est la grand-route en direction des plages de Matalascañas qui coupe le village en deux. Rien que du sable ! Tout est fait pour le cheval.

 

 

Les maisons, toutes construites dans le même style, proposent une barre de bois pour y attacher l’animal. Les trottoirs de bois sont protégés par un préau soutenus par de solides pilastres, juste avant d’entrer directement dans le corps d’habitation.

 

 

Regroupés autour de l’ermitage, les marchands du temple.

 

 

 

Plus en retrait, dans des rues tirées au cordeau, le siège « déplacé » des cent-dix confréries à ce jour reconnues. Lors du pèlerinage de la Pentecôte mais aussi lors de l’hommage individuel organisé une fois dans l’année, c’est en cet endroit que les membres se retrouveront pour le gîte et le couvert, le drapeau brodé à l’effigie de la Vierge, lui, trouve place dans une sorte de chapelle ouverte sur la rue mais protégée par des grilles de fer forgé. Tout un décorum qui fait montre de la richesse de chaque confrérie.

 

 

Peu de végétation dans le village si ce n’est quelques oliviers sauvages – acebuches – dont certains sont millénaires.

 

  

En-dehors de la Pentecôte, chaque confrérie rejoint El Rocío une fois dans l'année pour une action de grâce 

 

Si le village ne compte pas mille habitants en son registre de la population, la vie y est cependant toujours trépidante… en fin de semaine.

 



25/09/2012
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