Mi Andalucí­a

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Baelo Claudia, une leçon d’Histoire

L’Andalousie regorge de vestiges de l’époque romaine. Certains ont subi le poids des ans. D’autres conservent une certaine fraîcheur. Mais tous nous donnent des leçons, leçon d’Histoire bien sûr mais aussi leçon d’urbanisme, leçon de savoir-faire, leçon d’art. En bordure de la magnifique plage de Bolonia, le site de Baelo Claudia est de ceux-là. Il continue de nous livrer tous ses secrets.


 

 

 

Baelo Claudia - Une halte s’impose. Ici, pas d’édifices monumentaux, pas de constructions spectaculaires mais les vestiges d’une ville fortifiée (relativement) bien conservée. Les fouilles ont débuté en 1917 sous l'impulsion des archéologues Jorge Bonsor et Pierre Paris. Aujourd'hui, le site est toujours livré aux experts en quête de notre histoire.

En Espagne, il n’est pas possible d’avoir une meilleure vision de l’urbanisme romain (muraille complète avec tours et portes, rues, forum, temples du Capitole, basilique, marché, théâtre, thermes, zone industrielle,…). Un musée vous accueille. Si les pièces ne sont que des reproductions – les originaux sont exposés au musée archéologique de Cádiz – nombre de documents et films dévoilent le comment du pourquoi et aident à mieux comprendre le mode de vie en ces temps lointains.

 

 

Baelo Claudia fut fondée au IIème siècle av JC et connut son apogée sous l’empereur Claude (41 – 54 ap JC) qui lui octroya le titre de « Municipius ». Dès ce moment, la ville va s’étendre pour former l’ensemble que l’on découvre aujourd’hui.

Si l’activité première de la cité reposait sur les transactions commerciales avec l’Afrique – le port de l’actuel Tanger se situe juste en face – son apogée, elle la doit à la pêche du thon dans le Détroit de Gibraltar et aux produits annexes dont la célèbre sauce Garum. Pour preuve, on a retrouvé des amphores marquées des « armoiries » de Baelo Claudia à travers tout l’empire romain.

Les archéologues se prêtent à dire que la ville a dû compter plus de deux mille habitants. Il est vrai que le travail en mer - la pêche entre autres - était une activité qui attirait beaucoup de saisonniers et d’aventuriers.

Mais cette période faste fut de courte durée, réduite à néant vraisemblablement par un tremblement de terre. Au IIIème siècle, la ville tente de se relancer mais n’atteindra plus jamais la gloire d’antan. Au VIIème siècle, le site est définitivement abandonné.

 

Suivez le guide !

 

En quittant le musée, le premier vestige que vous rencontrez est l’aqueduc de Punta Paloma. Baelo Claudia disposait d’un réseau de distribution d’eau bien développé. Trois aqueducs permettaient d’alimenter des réservoirs (castellum aquae) dont un se situe dans la partie Nord de la ville (inaccessible pour le moment). Dans le même temps, le système d’évacuation des eaux usées et eaux pluviales était efficace.

 

 

 

Vous voilà le long de la muraille. Son rôle défensif est peu probable. Elle est plutôt le symbole de prospérité de la ville. A ses pieds, les archéologues mettent au jour une nécropole.

 

Vous entrez maintenant dans la ville proprement dite par la puerta de Carteia (ville proche de Gibraltar qui se visite aussi). Devant vous, le decumanus maximus qui traverse le site d’Est en Ouest. Les cicatrices des tremblements de terre sont toujours bien visibles.

 

 

A l’intersection du cardo maximus qui relie la zone industrielle, à front de mer, et la zone résidentielle, vous découvrez le complexe public (forum, basilique, boutiques, temples, curie, marché) précédé d’une large place pavée.

 

 

Le forum correspondait à la place publique, endroit où se tenaient les différentes activités administratives, civiques et religieuses.

La justice se rendait dans la basilique, édifice à deux niveaux situé sur le côté Sud. Entre les colonnes, l’empereur Trajan qui naquit en 53 ap JC à Italica, près de Sevilla. Il porte les habits de magistrat. Le long de la jambe droite, une corne d’abondance, symbole de la félicité, de la prospérité et de la concorde.

 

 

Face à la basilique, la tribune (rostra) qui permettait aux édiles de discourir avec, dans le dos, ce qui devait être une fontaine monumentale.

Sur le côté droit, une série de boutiques (tabernae). La construction du marché (macellum) mit fin à leur fonction commerciale. Sur le côté gauche, des bâtiments administratifs comme les archives (tabernae), une salle de vote, un temple dédié au culte de l’empereur et un local associatif (schola).

 

 

 

En surplomb, une terrasse sur laquelle se dressent les bases de quatre temples. Les trois principaux étaient dédiés à la triade capitoline – Jupiter, Junon et Minerve – les dieux principaux du Panthéon romain. Plus petit, le temple d’Isis. Un culte ésotérique dont les origines sont égyptiennes.

 

Au Nord-Ouest de la ville, appuyé sur la pente, le théâtre. Il constitue le point extrême de la visite. On accède à la scène (cavea) par les sept vomitorii. La disposition des gradins permettait de répartir les spectateurs en fonction du rang social. Aujourd’hui, les artistes font revivre cet espace, le temps du festival d’été.

 

 

 

 

Redescendons vers les quartiers industriels en longeant les remparts jusqu’à la puerta de Gades (Cádiz) sans oublier de jeter un œil sur les thermes, adossés à une série de boutiques ouvertes sur le decumanus maximus. Vous remarquerez l’exiguïté de celles-ci. La dimension des thermes laisse à penser qu’ils devaient s’agir d’un établissement privé destiné à la classe sociale supérieure. Sans doute, les fouilles permettront-elles de mettre au jour des installations plus importantes dans la partie haute de la ville, la zone résidentielle. Les vestiges permettent de suivre le cheminement des curistes et découvrir le savant système de canalisations et de chaufferie.

 

 

 

Le thon dans tous ses états

 

La partie industrielle est constituée de zones de travail, de bassins de forme carrée et de grandes cuves. Les amphores de belle contenance servaient au transport des produits finis dans tout l’empire.

Au fil des siècles, la technique de salage a peu évolué. Dans le fond d’un bassin, un lit de gros sel sur lequel on dépose les quartiers de poissons qui seront recouverts à leur tour d’une couche de sel. L’opération est ainsi répétée jusqu’à ce que le bassin soit rempli.

Pour le garum, la technique était identique. Tous les déchets de poissons étaient rassemblés dans des cuves où ils macéraient avec des herbes et autres aromates pour donner cette célèbre mixture. Mélangée à du vin, de l’huile, du miel, elle servait de condiment mais on lui attribuait aussi des vertus curatives.

A front de mer, vous pouvez découvrir les bases de deux maisons de style gréco-romain où les pièces d’habitation étaient distribuées autour d’un patio central.

 

 

 

C’est ici que la visite se termine. Vous pouvez continuer à profiter des lieux librement à moins que vous ne soyez attiré par l’océan ou les promenades pédestres qui peuvent compléter agréablement cette plongée dans le temps.

 

 

 

 

 



24/03/2012
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